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Des vacances uniques pour des enfants uniques...

Les séjours mis en œuvre par la Chrysalide

La Chrysalide Marseille donne la possibilité à plusieurs familles, depuis de nombreuses années, de pouvoir partir en vacances. Entre conseils aux familles et évaluation de vie, la structure se veut être garante du bon déroulement des séjours pour les enfants, dans les lieux adaptés de vacances qu’elles proposent de découvrir.

4. Des vacances uniques pour des enfants uniques...

Handimarseille : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Pascal Gignoux : Je suis directeur du Pôle enfance /adolescence de La Chrysalide Marseille. Ce pôle rassemble tous les établissements et services qui accueillent les enfants de l’association La Chrysalide Marseille.

Ghislaine Coudeville : Je suis assistante sociale dans deux IME de La Chrysalide.

Corinne Guibaud : Je suis assistante sociale à l’IME Les Figuiers qui accueille des enfants polyhandicapés et des enfants autistes.

H : La Chrysalide organise des séjours « vacances » pour les jeunes en situation de handicap mental, pouvez-vous nous en dire plus ?

Pascal Gignoux : À proprement dit, on n’organise pas nous-même les séjours de vacances. On a différentes modalités :

- Soit on met en place les mini-transferts, c’est-à-dire des séjours de 3 à 5 jours, que l’on propose à ces enfants et adolescents à l’extérieur. Il s’agit là de favoriser une rupture par rapport à une prise en charge quotidienne, favoriser l’autonomie des personnes et une séparation avec la famille.
- Soit on aide les familles à construire les séjours de vacances durant la période des vacances scolaires, c’est-à-dire la période durant laquelle l’établissement est fermé. On les aide à construire, à rechercher des lieux d’accueil, à monter des dossiers administratifs et des dossiers d’aide financière.
- Troisième modalité, on propose à des jeunes adultes, les + de 18 ans qui sont encore accueillis au sein des IME de participer à des séjours de vacances que La Chrysalide Marseille met en place normalement pour des adultes qui sont accueillis dans les foyers qu’elles gèrent.

H : Combien de jeunes partent en moyenne chaque année ?

Pascal Gignoux : Sur les mini-transferts, environ les 2/3 des enfants qui sont accueillis sur l’IME Les Figuiers et sur l’IME Les Tamaris. Après les séjours de vacances que l’on propose aux familles, ça reste beaucoup plus modeste. C’est-à-dire que cela va dépendre à la fois des moyens financiers que les familles peuvent dégager pour pouvoir adresser leur enfant à des séjours vacances qui sont relativement onéreux. Cela dépend aussi de l’envie des familles de proposer des séjours adaptés à leur enfant. Donc c’est fluctuant, selon les années on va se retrouver avec 2 à 8 enfants qui vont monétiser ces séjours vacances.

H : Le coût des vacances est important pour les familles, y a-t-il des aides ou des financements spécifiques ?

Corinne Guibaud : Elles peuvent obtenir des aides, notamment les chèques ANCV (Agence nationale pour les chèques-vacances). On interpelle aussi le Conseil Général, certaines associations c’est ce qui marche le mieux. Cela dépend des revenus, il y a certaines familles qui arrivent à obtenir des financements assez importants et d’autres pas trop. La MDPH peut aussi aider, le souci c’est qu’elle n’intervient qu’après le séjour, et que l’on n’est pas sûr d’obtenir le financement. Donc c’est un peu difficile pour des familles qui ont peu de revenus de s’engager quand il n’y a aucune certitude.

Ghislaine Coudeville : Ce sont des dossiers qui sont relativement longs à mettre en place, puisqu’il faut vraiment faire la course aux financeurs, donc nous sommes obligés de sélectionner le nombre de demandeurs pour pouvoir les satisfaire pleinement.

H : Combien de temps durent les démarches ?

Corinne Guibaud : Il faut s’y prendre 6 mois à l’avance. Pour vous donner un ordre d’idées, il faut compter pour un séjour d’une semaine entre 1300 et 1500 euros.

Pascal Gignoux : Ça peut être plus élevé en fonction du type de séjour, c’est vraiment la fourchette basse. C’est aussi une des raisons qui a conduit La Chrysalide Marseille à proposer pour des jeunes adultes ou des adultes des séjours de vacances « clés en main » à la mer, à la neige, à la montagne dans des structures adaptées.

H : Ce sont des séjours qui sont privilégiés par les familles ?

Pascal Gignoux : Ce que nous constatons, c’est que ces séjours-là sont construits à la demande des personnes intéressées, c’est-à-dire que l’on demande à ces jeunes adultes de faire des choix de séjour afin de savoir où ils aimeraient aller, ce qu’ils aimeraient faire, ce qu’ils aimeraient en retirer. En fonction de leur demande, on bâtit le séjour en choisissant le lieu, le type d’hébergement, le type d’activités de loisirs ou d’occupations que l’on peut proposer. À la suite du séjour, il y a une véritable évaluation réalisée par les bénéficiaires. Ce qui fait que maintenant on a un catalogue de 14 séjours qui répondent véritablement aux besoins et aux demandes de ces personnes qui vont partir en vacances.

H : Vous évoquiez le cas des séjours pour les jeunes adultes, est-ce que le processus est le même pour les enfants et les adolescents ?

Pascal Gignoux : Oui tout à fait. On essaie vraiment de recueillir les désidératas des familles en tenant compte de leur moyen financier et de proposer des lieux qui soient le plus adaptés. Il existe des organismes qui proposent des séjours adaptés qui tiennent compte des caractéristiques des besoins de chaque enfant.

Ghislaine Coudeville : Ce que l’on recherche aussi, ce sont des organismes qui offrent un taux d’encadrement suffisant, avec lesquelles nous avons suffisamment de recul, où l’on sait que l’enfant passera de bonnes vacances et sera bien surveillé mais aussi que les traitements soient bien suivis, s’il y en a.

H : Est-ce que vous supervisez en amont les foyers qui les accueillent ou qui veulent les accueillir ?

Pascal Gignoux : Toujours et avec une double optique ; d’abord, de vérifier que ce qui va être proposé en termes de locaux, de loisirs, d’encadrement correspondra aux besoins des personnes ; et ensuite, c’est de nouer des liens de confiance. Si l’on a confiance en l’organisme ou en l’équipe qui va accueillir le groupe, alors on pourra transmettre cette confiance aux familles.

H : Les familles ou les jeunes qui partent grâce à vous font-ils tous partis de l’association ou avez-vous ouvert ces séjours à toutes les familles d’enfants en situation de handicap mental ?

Pascal Gignoux : Nous ne nous adressons qu’aux familles des enfants qui sont accueillis au sein de nos établissements. Cela n’empêche pas que s’il y avait une famille extérieure à l’association qui souhaitait avoir des renseignements ou qui nous les demandaient et bien on lui ferait part de nos propres expériences.

H : Quels sont les retours des familles qui bénéficient de ces séjours ?

Corinne Guibaud : Il y a certaines familles qui restent étonnées du fait que leurs enfants aient pu profiter de certaines destinations et de certaines activités comme à la neige par exemple où les enfants ont fait du ski adapté ou du chien de traîneau. Après, il y a le retour des éducateurs qui racontent ce qu’ils ont fait, les photos et les parents ne s’imaginent jamais que leurs enfants puissent prendre plaisir à faire ça ou qu’il puisse faire ça tout simplement. C’est vrai que cela nous aide beaucoup dans le travail que nous faisons auprès des familles pour favoriser l’autonomie de l’enfant. Ce qui n’est toujours pas facile...

H : Quel souvenir vous a le plus marqué dans votre carrière au sujet de ces séjours ?

Pascal Gignoux : Chaque expérience d’enfant est relativement unique. Ce que je constate, c’est que quels que soient les projets de séjours que l’on a proposés aux enfants et à leurs parents, quels que soient les lieux, les destinations ou les activités, tous ont profité de ce séjour-là, quel que soit le niveau de leur handicap et pas simplement sur le moment mais à la suite. Cela permet à l’enfant autiste de pouvoir en parler, de pouvoir leur raconter et ça c’est marquant. Les vacances font partie également d’une intégration réussie. On travaille avec des organismes spécialisés c’est important, mais je crois que l’étape importante est de travailler avec des lieux de vacances du milieu ordinaire. Cela permettrait de créer une prise de conscience par tous que ces personnes-là ont droit comme tout le monde, à avoir une place dans les lieux de vacances pour n’importe quelle activité, pourvu que leur santé leur autorise.

Ghislaine Coudeville : Ces séjours vacances permettent aux familles de se rassurer car grâce à eux, leur enfant à une place dans la société et il y a quelque chose de possible dans le plaisir, dans le loisir, dans le partage avec les autres.

H : Si vous évoquez les séjours de vacances en milieu ordinaire, c’est que vous avez une idée à développer ?

Pascal Gignoux : Je pense aux plages, il y a des lieux qui sont aménagés de plus en plus pour l’accès des personnes en fauteuil à la plage, voilà une initiative que je trouve intéressante, il y a aussi et de plus en plus à la montagne, des moniteurs, des personnes qui sont formées, diplômées pour cela qui vont accompagner des personnes en fauteuil pour proposer du ski. Le souci que l’on va rencontrer, c’est qu’au-delà de ces initiatives locales spécifiques ou de corporations comme les moniteurs de ski, on reste malgré tout dans une difficulté d’accepter un certain nombre de personnes en situation de handicap dans des lieux de vie, avec une appréhension que l’on retrouve chez certaines personnes à avoir à côté d’eux sur la plage ou de retrouver dans des lieux de spectacle des personnes qui sont en situation de handicap.

H : Y-a-t-il un sujet qui n’aurait pas été abordé et dont vous aimeriez parler ?

Pascal Gignoux : On a besoin des associations, gestionnaires ou pas d’établissements et de services, qui œuvrent pour faciliter cette intégration-là. On a besoin aussi des institutions qui travaillent auprès des enfants, des adolescents ou des adultes en situation de handicap et dès que l’on parle d’aides qu’elles soient techniques, humaines ou financières, c’est à la fois un investissement, parce que ça va aider les enfants à apprendre à être plus autonome, plus indépendant, à savoir gérer leur vie. C’est une reconnaissance des personnes et ça leur permet d’être dans le droit commun. C’est la marque d’une société à mon sens civilisée.

H : Merci à vous.

Pascal Gignoux : Merci.

Propos recueillis par Yoann Mattei


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