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Un avenir à tracer

C’est à l’âge de 12-13 ans que le handicap de Gianni lui a "explosé à la figure" et que les prises de conscience et les questions qui vont avec ont commencé à se bousculer, celle de l’avenir, de l’autonomie, des solutions à mettre en place pour construire peu à peu une vie indépendante et équilibrée. Mais avant tout Gianni est un adolescent comme les autres avec les mêmes soucis que les autres, ni plus, ni moins !

5. Un avenir à tracer

Handimarseille. - Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Gianni Maserati - Je m’appelle Gianni Maserati, j’ai 15 ans et je suis intégré au Collège Sylvain Menu

H. - Quel est votre handicap ?

G.M. - J’ai une IMC, je ne peux pas marcher, j’ai des troubles associés et des troubles de l’orientation. Ça vient d’une erreur médical. Je ne peux pas non plus écrire à la main.

H. - Comment décririez-vous votre adolescence ?

G.M. - Jusqu’ici, ça se passe très bien comme quelqu’un de normal, je n’ai pas à me plaindre, je suis bien intégré, je n’ai aucun souci à part ceux d’un adolescent normal. Avec mes parents, ça se passe comme tout le monde. Je suis en pleine crise d’adolescence. J’ai besoin de devenir indépendant mais en même temps j’ai besoin de ma mère pour beaucoup de choses, je ne suis pas totalement autonome.

H. - Comment se passent vos rapports avec vos professeurs, avec vos camarades ?

G.M. - Avec mes professeurs, ça se passe très bien. Concernant mes camarades, en dehors de la classe, ce sont eux qui me prennent en charge et mon AVS ne me voit plus, je mange avec eux, je rigole avec eux.

H. - C’est un moment où l’on est plus attentif à l’image que l’on a de soi et au regard des autres, que pouvez-vous nous en dire ?

G.M. - Le regard des autres, je travaille encore dessus parce que c’est vrai que j’ai un problème à l’encaisser sinon ça va. Je n’ai aucun énorme souci à ce niveau-là .

H. - Parlez-nous de l’évolution de votre regard sur vous-même et sur votre handicap ? Y a t’il eu des changements entre votre enfance et aujourd’hui ?

G.M. - Durant mon enfance, je ne me rendais évidemment pas compte de mon handicap et vers 12-13 ans, ça m’a explosé à la figure - je me suis rendu compte que j’étais sur fauteuil et j’ai vu les inconvénients que ça allait apporter - et je me suis dit "comment je vais faire". Heureusement, j’ai un psychologue à qui j’en parle et ça passe. C’est en fait mes rééducateurs que je vois, qui cherchent des solutions pour ma vie future. Je me suis dit "mince, il faut que j’y pense" et c’est vrai que j’ai encore du mal à me projeter là -dedans mais comme je sais que j’aurais des gens pour m’aider, ça me rassure.

H. - L’adolescence est le moment où l’on a besoin de se forger sa propre identité. Comment le vivez-vous ?

G.M. - Je le vis assez bien même si parfois le fait d’avoir un handicap, je ne cache pas que j’ai des moments de vide mais sinon j’ai une personnalité bien à moi, je suis très heureux et je le vis assez bien, je n’ai pas d’énormes soucis.

H. - L’adolescence est la période où se fait la transformation du corps, comment vivez-vous ces transformations ?

G.M. - Assez bien. J’avais maman et mon entourage pour m’aider à passer ce cap et à m’aider à les comprendre.

H. - C’est aussi le moment où l’on va découvrir le corps de l’autre, avoir des relations intimes, comment appréhendez-vous cela ?

G.M. - Pour l’instant, je vois ça normalement. Je ne me pose pas d’énormes questions là -dessus. Je me suis juste posé des questions sur moi-même mais au niveau des autres, je n’appréhende pas trop. Ça se passera comme ça se passera.

H. - Parlez-vous de sexualité avec vos camarades, vous posent-ils des questions ?

G.M. - Mes camarades sont plus jeunes que moi, donc c’est vrai qu’on en parle. Ce qui est marrant, c’est que comme je suis plus grand qu’eux, c’est eux qui viennent me demander plutôt que moi qui vient leur demander. Je suis un peu leur grand frère, mais ce n’est pas notre sujet de conversation principale.

H. - Est-ce que vous bénéficiez d’un soutien psychologique notamment au sujet de votre adolescence et des changements que ça implique ?

G.M. - Je parle plus de mon handicap. On a parlé une fois de tout ce qui est changement mais c’est plus au niveau du fauteuil - Comment vivre avec ? Comment l’accepter ?

H. - Comment voyez-vous votre avenir ?

G.M. - Mon avenir, je le vois avec ma future femme en appartement, avec une aide à domicile qui serait là pour faire les courses, le ménage...

H. - Quel message aimeriez-vous faire passer aux adolescents et aux parents qui vont lire votre témoignage sur Handimarseille ?

G.M. - Tout ce qui est handicap n’est pas forcément une gêne, c’est peut-être parfois un avantage parce qu’il y a des choses que l’on peut faire, nous handicapés, et que les personnes valides ne peuvent pas forcément faire, donc faut parfois le prendre comme un avantage. Passer devant tout le monde à l’aéroport, c’est le seul avantage que j’ai.

H. - Merci.

G.M. - De rien.

Propos recueillis par Yoann Mattei


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