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Le portail du handicap à Marseille

La culture, une question de droit commun.

Traiter du handicap et de la culture, n’est pas aisé. Deux sujets colossaux. Le handicap est encore trop peu médiatisé, la culture toujours à l’honneur.
Pour cette dernière aux médias de suivre l’événement, la mise en scène est offerte, tous les supports s’y prêtent. Remplissages faciles des supports communicants. Nous ne ferons pas ici le tour de France de la programmation culturelle. Trop exhaustif. Ce qui nous intéresse, c’est l’accès à la culture « permise » aux handicapés. Accessibilité au sens large, comment s’y rendre, est-ce possible ? Et sur le lieu, quels dispositifs, quels moyens sont mis en place ? Comment permettre aux personnes handicapées d’avoir réellement prise avec le spectacle ? La participation donc. En tant que spectateur, mais aussi – surtout – en tant qu’acteur.

La culture, une question de droit commun.

La culture, ce qui fédère, ce qui rallie, ce qui définit des groupements sociaux. Pourtant, l’accès à la culture a depuis toujours été sujet à caution, objet de séparation, de distinction. Ceux qui en ont et ceux qui n’en n’ont pas, la culture populaire et la culture bourgeoise, la culture officielle et la culture underground, celle des lieux prestigieux (in) et celle des marges (off).
Aussi le handicap interrogé au regard de l’accès à la culture ne fait que renforcer cette question de la distinction, inhérente à l’histoire même de la culture. Envisageons-la un instant comme un acquis pour la plupart des gens, dû à l’émancipation des masses – par l’éducation d’abord –, au développement des moyens de communication et d’information – les mass-médias –, à l’appropriation de ces supports et de leurs contenus par le public. Pourtant, laissée en marge d’une culture de masse qui se veut objet de consommation, reste la personne handicapée. Quelques avancées notoires, non totalement émancipées d’insistants paradoxes, sont cependant à noter.

État des lieux d’une actualité qui tarde.

À l’origine l’humanitaire et la solidarité. Handicap international arrive sur l’avant-scène. Une antenne en France, une collaboration en vue de la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », notamment développer des « solutions informatiques favorisant l’accès des handicapés aux nouvelles technologies » (dites de l’information et de la communication). Une ouverture à la culture par les mass-médias.
Ciblons l’internet. En tête et en première page, le gouvernement. Dans le cadre du programme de développement à la culture et de sa « mission de service public » – délégué à la Commission nationale Culture et Handicap –, des groupes de réflexion ont été créés dès 2001 afin de « proposer des mesures concrètes visant à améliorer, à court terme, l’accueil des personnes handicapées dans les établissements culturels ». Au programme : politique tarifaire, adaptation pour l’accessibilité à l’internet, repenser l’infrastructure et créer une information tactile et visuelle appropriée.
Des associations aussi, beaucoup. Citons pour l’exemple l’APF, l’association des paralysés de France, la Halde ou encore l’Unapei. Tous travaillent en vue d’un soutien aux handicapés, d’une protection. L’« agir ensemble » semble réel et général. Le gouvernement [1], les organisations professionnelles, le système associatif, tous y travaillent. Avec quelle intention ? Délègue t-on ou relègue-t-on l’intervention ?

Délègue-t-on ou relègue-t-on l’intervention ?

Des expertises aux propositions, légiférer prend du temps. De là à la mise en application... Cet intérêt tardif pour le handicap peut aussi s’expliquer par le coût qu’il représente. Repenser et adapter les structures existantes, construire en fonction d’un public qu’on n’attend pas. Conflits et enjeux politico-financiers d’une part, sujet traité sous la contrainte des « prérogatives dues au mandat » d’autre part, de ministres « multi-casquettes » soumis aux aléas des remaniements. « Pas concernés » ?

  • « Dialogue dans le noir » au Art Center de Seoul d’Andreas Heineke. Une performance mondiale sans lumière pour comprendre le monde des non-voyants. [2]</small.

Au programme. Rétrospectives.

Un exemple, Bourges, octobre 2003. 2003 « Année européenne de la différence et du handicap ». Bourges y pense. Se doit d’y penser. [3]. À l’origine du projet, le ministre de la culture et de la communication, Jean-Jacques Aillagon. Intitulé du festival « Rencontres art, culture et handicap ». Dissociation donc de l’art et de la culture [4]. Dissociation encore, du « Printemps » et des « Rencontres ». Avril pour les uns, octobre pour les autres. Dissociation toujours de l’art et de la culture, du monde du handicap. De notre société, de la leur.

  • Raimund Hoghe. Dramaturge et performer. [5]


Vient ensuite la communication de l’événement. Sur le web, une floraison de services, de prestations à destination des handicapés aidant à la réalisation de projets culturels, œuvrant « pour l’accessibilité des loisirs et de la culture » [6] et revendiquant la « non stigmatisation ». On parle d’« artistes professionnels » pas d’« invalides ». Initiatives, créations – d’entreprises ici – on se trouve du talent et très vite des talents. Citons pour l’exemple l’association CQFD, « Ceux qui font le Défistival ».

« Le handicap », à insérer dans notre très actuel plan « repensons la planète ».

  • Défistival, music awards 2009, Fabrice, musicien trisomique.

    À suivre : les Journées Européennes du patrimoine les 19 et 20 septembre 2009 qui auront pour thème « Un patrimoine accessible à tous ». Initiative due à la ministre de la culture et de la communication Christine Albanel. Notons que les 20 et 21 septembre 2008 aux Journées du patrimoine « Patrimoine et création », les handicapés étaient « invités » à se rendre sur les lieux le 19, journée « réservée » selon le communiqué de presse gouvernemental.

Notes

[1Les ministères du travail, des relations sociales, des solidarités et de la ville, celui de la santé et des Sports – au travers de la délégation interministérielle aux personnes handicapées, la DIPH, les MDPH (les maisons départementales des personnes handicapées) pour l’action régionale et départementale créées par la loi « Handicap » de 2005 ainsi que les instances consultatives (le CNCPH) ou d’observation (l’ONFRIH) – le ministère de la culture, du tourisme, de l’équipement et des transports, les collectivités territoriales, ainsi que les organismes sous tutelle administrative comme l’Unapei.
Les thématiques « Année européenne de l’égalité des chances » en 2007 ou « Culture et handicap » pour l’année 2006 correspondent au programme fixé par l’UE, chapeauté en France par Catherine Tasca alors ministre de la culture et de la communication. Ces commissions se réunissent annuellement « instance de dialogue et de consultation entre le ministère de culture et de la communication, le ministère délégué à la famille, à l’enfance et aux personnes handicapées, les principales associations d’handicapées, les personnes handicapées elles-mêmes et le milieu culturel et artistique » avec pour objectif de « prendre rapidement des mesures concrètes destinées à améliorer l’accès à la culture quelle que soit la nature du handicap, dans le souci de leur permettre de participer pleinement à la vie culturelle ».
En parallèle et toujours dans le cadre de L’UE, le programme Equal « Les temps pour vivre ensemble » a été lancé. Les rencontres « Art, culture et handicap » en découlent. Le GIP (Groupement d’intérêt public) en partenariat avec le ministère de la culture oriente quant à lui son action sur la médiation, la concertation, les démarches de professionnalisation.
Concrètement, sont prévus la mise en réseau des acteurs du secteur culturel, une meilleure prise en compte du mouvement associatif, à terme, la création d’une culture commune aux valides et invalides.

[2Du même metteur en scène et à consulter sur le site de la Cité des sciences et de l’industrie, programme 2003-2004, « Scènes de silence » réalisée par Andreas Heinecke et les comédiens de l’International Visual Theater.

[3Le festival de musique créé en 1977 est l’un des premiers festivals de musique en France.

[4Définitions données par Larousse.fr de l’art : du latin Ars, « habileté, métier, connaissance technique [...] Ensemble des procédés, des connaissances et des règles intéressant l’exercice d’une activité ou d’une action quelconque [...]
Définition de la culture : « Connaissances dans un domaine particulier. Ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation. [...] etc.) (Source Wikipedia.fr).

[5Pour un complément d’informations sur le travail de Raimund Hoghe voir notamment sa représentation au théâtre de la bastille « 36, avenue Georges Mandel » en hommage à Maria Callas.

[6« Signature » du portail de l’accessibilité Cemaforre à consulter sur cemaforre.asso.fr).


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