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Rendre internet accessible, c’est possible !

Rendre internet accessible, c'est possible !

Nombre d’individus s’imaginent qu’il est facile pour une personne handicapée de naviguer sur internet, et pourtant... Entre des sites peu accessibles et un coût du matériel qui frôle l’indécence, les internautes en situation de handicap sont encore loin de pouvoir surfer comme tout le monde sur la toile. Cependant internet et les réseaux sociaux permettent de contribuer à leur socialisation... virtuelle.

QU’EN EST-IL DE L’ACCESSIBILITÉ DE L’OUTIL INFORMATIQUE ET DE SON CONTENU ?

« La nature du Web est son universalité. Il doit être accessible à toutes les personnes handicapées » a dit Tim Berners Lee, directeur de W3C et créateur du Web.
Un Web accessible doit être conçu pour que les personnes en situation de handicap puissent percevoir, comprendre, naviguer et interagir de manière efficace avec l’outil internet, mais aussi contribuer au développement de l’information sur la toile. Il vise tous les types de handicaps, qu’ils soient visuels, auditifs, moteurs, cognitifs ou liés à la parole.
Il renvoie à la problématique de l’accès aux services et contenus en ligne pour les personnes en situation de handicap.
Définie par des normes techniques et des labels établis pour la Web Accessibility Initiative (WAI) du World Wide Web Consortium (W3C), elle nécessite un traitement tout au long du cycle de vie d’un site web, par l’ensemble de ses acteurs, à l’aide des méthodes d’application, des référentiels métiers et une démarche de suivi.
C’est un Droit universel, selon l’Article 9 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées adoptées en 2006 par l’Organisation des Nations Unies (ONU).
L’obligation d’accessibilité du Web public est légalement créée par l’Article 47 de la loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Un référentiel d’accessibilité fixant « les règles techniques, sémantiques, organisationnelles et d’ergonomie que doivent respecter les sites », doit être d’abord élaboré. L’association « BrailleNet » a créé le label de qualité « Accessiweb » qui garantit qu’un site internet est conforme aux critères du référentiel d’accessibilité [1].
Entre 2005 et 2011, 102 sites internet ont été labellisés. Pour obtenir ce label, les propriétaires des sites doivent s’acquitter d’un forfait allant de 280 à 3600 euros‚ hors taxes, selon la situation. Autant dire que les associations les moins riches n’auront aucune visibilité pratique pour les personnes handicapées.
Le coût financier de l’accessibilité d’un site internet pose problème, c’est un fait, mais il semble que le mal soit plus profond.

QUELS MOYENS POUR LEUR PERMETTRE DE SURFER EN LIBERTÉ ?

Face à une accélération de la communication interactive que l’on connaît actuellement, les professionnels de l’informatique spécialisés dans le handicap, redoublent d’efforts pour faire que les personnes handicapées ne soient plus les oubliés de cette révolution numérique.
« Les problèmes liés à l’accès à internet ne s’arrêtent pas à la présentation du contenu. Il faut en général que l’utilisateur handicapé puisse bénéficier d’un matériel supplémentaire pour pallier cette déficience » déclare Julien Perben, auteur en décembre 2003 du Rapport d’études sur l’accessibilité de l’internet/intranet aux personnes handicapées.
Chaque handicap est différent et présent à des degrés divers, et l’enjeu de tout cela est d’assurer un minimum d’accessibilité à tous ces publics, qui doivent utiliser d’autres éléments pour naviguer plus facilement.
Pour Dominique Burger, président de l’association BrailleNet, « les innovations techniques, dont ont bénéficié les personnes handicapées durant les dernières décennies, ont été produites dans des champs à part, dont la finalité n’était pas de réduire le handicap ».

Les progrès technologiques liés à l’internet ouvrent désormais de nouvelles perspectives pour les personnes atteintes d’un handicap physique. En effet, de nombreux groupes de recherche à travers le monde tentent de mettre au point une utilisation d’internet en particulier et des nouvelles technologies en général, qui pourrait avoir un réel impact sur le quotidien des personnes concernées.
Mais toutes ces recherches aboutissent au final, à une solution coûteuse, à laquelle peu d’internautes handicapés ne peuvent faire face.
Pour une autonomie et une mobilité maximale des personnes non voyantes, il existe une solution idéale, « le Bloc-notes braille personnel ». Cela permet à son utilisateur de piloter son PC assez facilement. Seul bémol, le prix... En effet, cette aide coute, selon la taille, entre 8000 et 10 000 euros.
Concernant les aides techniques pour les déficients moteurs, il existe un grand nombre de solutions techniques spécialisées que ce soient des claviers adaptés, des contacteurs, des instruments de pilotage par le souffle, par les mouvements de la tête, de l’œil...
L’exemple de Norbert Coulange en est la preuve. Cet homme atteint de la maladie de Charcot utilise le clignement des yeux pour s’exprimer, et grâce à son ordinateur à commande oculaire, il peut communiquer par mail ou par synthèse vocale.« J’écris sur ce qui me passe par la tête pour susciter des réactions, comme si je m’adressais à mes filles ».

LA SOCIALISATION SUR LE WEB

Internet est une fenêtre sur le monde, sur l’extérieur, sur l’autre... Facebook, Twitter, Myspace mais également les blogs, sont de véritables phénomènes de société.
Associations spécifiques, associations connues et reconnues, regroupements de personnes handicapées, de particuliers ou d’engagés pour une cause...dont le moteur est de développer des intérêts communs, une entraide mais également des idées pratiques, du sport et des loisirs ou encore le thème de la famille ou de l’amour comme c’est le cas par exemple avec Idylive. Basé sur le principe d’un site de rencontres combiné à un réseau social, ce site à destination tant des personnes handicapées que valides, permet d’échanger de manière décomplexée et se sentir moins seul.
« On retrouve aussi beaucoup de valides qui s’inscrivent pour bénéficier d’un réseau social, notamment en vue d’échange d’expériences, parce qu’ils ont un proche confronté à une situation de handicap et recherchent des informations, des conseils » explique Benjamin Cardanel, l’un des cofondateurs d’Idylive [2].
Pour les personnes en situation de handicap, ces sites de réseaux sociaux sont un plus non négligeables dans la création et le maintien des relations interpersonnelles.
Difficultés de déplacements, pas assez de lieux de rencontres accessibles, soins à prodiguer, regards à supporter...Il est parfois plus facile d’un simple clic, de donner son humeur du jour ou son avis sur telle ou telle information.
Ces sites permettent également de créer des groupes en faveur du handicap, et ainsi faire évoluer l’image de la société sur les personnes handicapées. Quoi qu’il en soit, pour les personnes en situation de handicap, les opportunités de sorties ou de rencontres sont moindres et ces sites permettent de se socialiser, de franchir cette barrière de l’inaccessibilité physique.
C’est ainsi que des efforts ont été réalisés en milieu hospitalier et notamment au sein du Pôle Enfants de l’Hôpital de la Timone à Marseille. Grâce à l’initiative de l’association « Docteur Souris », 200 ordinateurs ont été mis à la disposition des jeunes patients dans les services pédiatriques. Un bon moyen de ne pas couper l’enfant, du monde qui l’entoure.
Autre phénomène qui existe sur la toile, le blog. Le principe s’apparente à un journal intime, où chaque blogueur donne son humeur du jour, y publie ses photos, de manière plus complète que sur les réseaux sociaux. Le phénomène connaît son succès grâce à la grande facilité de publication proposée par des logiciels automatisés de publication, une grande liberté éditoriale et une grande capacité d’interaction avec le lectorat. Mais avec l’arrivée des Facebook, Twitter et Myspace, l’usage du blog s’est nettement amoindri. Les personnes en situation de handicap préférant communiquer instantanément avec leurs « amis » virtuels.
Pour avoir un outil informatique adapté son handicap, il faut avoir beaucoup d’argent de côté vu, que ce marché pour les grandes entreprises, n’est pas porteur. Ne pas pouvoir les équiper, c’est omettre le fait que les personnes handicapées sont des citoyens comme les autres. C’est donc les empêcher de travailler, donc de gagner de l’argent, donc de s’équiper, et donc... Retour à la case départ.

Yoann Mattei

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