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Entretien avec Marc Dujardin, délégué régional de l’Agefiph Languedoc-Roussillon, PACA et Corse

Fort de plus de deux mille visiteurs en 2007, le Forum Emploi Handicap est devenu un événement incontournable auprès des personnes handicapées.
Dès lors, une rencontre avec l’Agefiph, organisatrice du forum, et son représentant, M. Dujardin, s’imposait.

Entretien avec Marc Dujardin, délégué régional de l'Agefiph Languedoc-Roussillon, PACA et Corse

Q - Bonjour M. Dujardin et merci de nous recevoir.

R "Je vous en prie.

Q - C’est donc l’Agefiph (1) qui organise ce forum...

R "Alors, c’est l’Agefiph qui organise et qui finance les différents forums qui se déroulent au niveau de la France. Donc, c’est bien dans le cadre d’une manifestation nationale qui s’appelle la semaine de l’emploi des personnes handicapées. C’est la douzième semaine. Donc, une volonté de l’Agefiph nationale de mettre en place un moment fort autour de la problématique de l’insertion et du maintien en emploi des personnes handicapées. Ensuite, c’est rebasculé au niveau des régions, et des régions, c’est rebasculé au niveau des départements. Ce qui veut dire que dans la région P.A.C.A, il y a autant de manifestations qu’il y a de départements. Voilà . Alors, ça prend des configurations très différentes. Il n’y a pas dans chaque département un forum, mais en règle générale, il y a toujours une action, que ça soit une conférence de presse ou, par exemple, une action « un jour, un métier » qui vise à mettre pendant une journée une personne en binôme avec une personne valide pour une mutualisation de la connaissance réciproque.

Q - Quels sont vos objectifs lors de ce forum ?

R - Alors, ils sont double. C’est, d’abord, mettre en relation les entreprises qui recrutent et les personnes handicapées qui recherchent un emploi. Le second, c’est aussi de dédramatiser un peu le handicap, la vision que l’on a du handicap qui est toujours extrêmement restrictive. Le handicap, si on sort dans la rue et qu’on demande "pour vous c’est quoi le handicap", c’est quoi ? Le fauteuil roulant, la personne aveugle ou la personne sourde, or on sait que c’est pas véritablement la majorité du handicap et qu’il faut casser cette image, ces stéréotypes. Il n’y a aucun handicapé qui est exclu de quelque métier que ce soit. Il faut, certes, peut-être l’aménager, et encore je ne suis pas persuadé que le recours à une mise en accessibilité ou l’aménagement d’un poste, très coà »teux soit nécessaire. J’en ai la preuve. Autour de vous, vous voyez des personnes handicapées qui sont comme vous et moi sans aucun problème. Donc, je pense que c’est un enjeu de société d’intégrer les personnes handicapées dans le milieu ordinaire du travail, parce que ça leur donne aussi une certaine citoyenneté, et je pense que c’est ce vers quoi on doit aller.

Q - Depuis quelques années, avez-vous observé une évolution ? Et en particulier dans la région ?

R - Alors, on a des indicateurs qui sont extrêmement favorables. Par exemple, en 1988, il n’y avait que 36% des entreprises qui respectait le quota de 6%. On est arrivé maintenant, grosso modo, à 49%. Donc, il y a une maturation des entreprises pour admettre la diversité et recueillir en leur sein des personnes handicapées. Il y a des chiffres très positifs au niveau des Cap Emploi avec des placements qui progressent puisque, grosso modo, Cap Emploi place chaque année à peu près trois mille sept cents personnes handicapées et la particularité de cette région, c’est que les placements des Cap Emploi se font, en règle générale, sur des contrats durables, des C.D.D supérieurs à douze mois et des C.D.I, contrairement à ce qui se passe au niveau national, où, là , on constate une mécanique inverse. Ce sont les contrats précaires qui prévalent par rapport aux contrats durables. Donc, on à un réseau de partenaires extrêmement efficace. Je vous parle de l’insertion, je pourrais vous parler du maintien de l’emploi également avec le réseau des SAMETH (2) qui est un dispositif spécifique. Et, là également, l’Agefiph aide à maintenir l’emploi des personnes qui sont en inaptitude ou en risque d’inaptitude, dans le cadre, soit d’organisations du travail différentes, avec des horaires différents, soit dans des cadres d’aménagement de poste que l’on confie à des ergonomes et que nous finançons par la suite.

Q - Comment expliquez-vous cette spécificité régionale par rapport à la durée des contrats ?

R - C’est une très bonne question sur laquelle il faudrait peut-être s’interroger. Écoutez, moi, j’y vois aussi un effet de la dernière mesure décidée par l’Agefiph, qui est la Prime d’Initiative à l’Emploi (P.I.E) et qui a été décidée en 2007 par notre conseil d’administration suite à la baisse des C.I.E (Contrat Initiative Emploi) du secteur marchand parce qu’il y a un certain corollaire entre la baisse des contrats durables et la baisse des C.I.E. Donc, le conseil d’administration, face à ce constat, a décidé de mettre en place la P.I.E qui en gros ressemble au même dispositif du C.I.E. Et cette région est très forte consommatrice de cette nouvelle mesure de l’Agefiph puisqu’on avait à peu près 800 P.I.E disponible sur 2008. On a dà » la redéployer pour la porter à 1020 P.I.E, ce qui permet justement au Cap Emploi de faire un travail de profondeur et conclure des contrats de travail à durée indéterminée ou durables avec des C.D.D longs...

Q - Est-ce que la loi de 2005, qui est une loi importante sur le handicap, a changé les mentalités ?

R - La loi de 2005 accroît les pénalités d’entreprises qui ne recrutent pas de personnes handicapées. Je le rappelle, et je vous l’ai dit tout à l’heure en préambule, dans cette région, en P.A.C.A, il y a à peu près 1850 entreprises qui ont zéro travailleur handicapé. Ce qui veut dire que la loi prévoit que ces entreprises, en 2010, si elles ne font aucune action positive, devront payer 1500 fois le SMIC horaire par personne handicapée manquante. Donc, c’est fortement incitatif, mais je ne suis pas le partisan de la contrainte, je pense qu’il faut faire maturer les états d’esprits et qu’on accueille comme invalides les personnes handicapées au sein de l’emploi"¦

Q - Changer les mentalités ?

R - Changer les mentalités voilà "¦

Q - Et concernant le secteur public qui est aussi soumis à cette obligation ?

R - Alors, la loi de 2005, puisque vous l’évoquez, a créé le F.I.P.H.F.P. (3) qui est le pendant de l’Agefiph sur les trois fonctions publiques, territoriale, hospitalière et fonction d’État. Bon, à l’heure actuelle, le F.I.P.H est associé à d’autres manifestations sur d’autres départements, sachant que le public concerné par le F.I.P.H n’est pas celui que nous recevons aujourd’hui qui représente plus des entreprises de droit privé. Donc, tout ce que je peux vous dire, c’est que dans d’autres départements, il y a eu des rassemblements d’employeurs de la fonction publique animés par le F.I.P.H.

Q - L’évolution est-elle également positive ? Le taux d’emploi des personnes handicapées dans le secteur public est inférieur à celui du privé...

R - Le F.I.P.H est là pour réparer un peu cette situation. En effet, je pense que le constat que l’on fait au niveau du secteur privé, peut s’appliquer au niveau public, mais je pense qu’une certaine dynamique, une certaine volonté du FIPH peut relever également le défi de l’insertion de la personne handicapée dans les fonctions publiques.

Propos recueillis le 18 novembre 2008 par D. Marciano et F. Joubert.

(1) Agefiph : Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées.
(2) SAMETH : Service d’Aide au Maintien dans l’Emploi des travailleurs Handicapés.
(3) FIPHFP : Fonds d’Insertion des Personnes Handicapées pour la Fonction Publique, créé par la loi de février 2005.


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